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Réveillés, un peu plus tard qu'à l'accoutumé, David et moi, avons pressé Ylann de sortir du lit, n'hésitants pas à retarder la montre d'une heure pour lui faire penser que la journée était encore plus avancée qu'elle ne l'était déjà.

 

Notre petite feinte a porté ses fruits car une demi-heure plus tard, nous étions dans le hall de l'hôtel et demandions à la réception, les prix de la célèbre comédie musicale "THE PHANTOM OF THE OPERA". Cette comédie me faisait rêver depuis que j'avais lu le livre de Gaston LEROUX qui m'avait littéralement emporté. J'avais été fascinée du début à la fin par cette histoire on ne peu plus étrange dont les faits s'étaient réellement déroulés, ce qui ajoutait encore plus de piment à l'intrigue.

Bref, le monsieur de la réception s'est renseigné pour nous mais le prix, lui, ne m'a pas emporté du tout, j'ai été ramenée sur terre rapidement. Il nous a dit qu'il fallait compter 180$ par personne. Autrement dit, autant continuer à rêver et louer le dvd pour se consoler.

 

Très déçus, nous sommes sortis de l'hôtel pour croquer la ville à pleine dents.

 

On a toujours une drôle d'impression lorsque l'on voit toutes ces rues bruyantes qui grouillent de monde. A côté des grands buildings, on se sent tout minuscules.

 

Nous avons descendu une partie de la ville en transport en commun, puis non loin du Ground Zero, nous nous sommes retrouvés pris dans une réunion de père, de mères Noëls et de lutins. Il en sortait de tout les coins de rues et ils se réunissaient tous dans un parc. C'était assez drôle. Nous nous sommes mêlés à la foule un moment et avons continué notre chemin. Leur message consistait à s'indigner contre le réchauffement climatique...Une lutte noble et scandée de façon originale.

 

 

Au Ground Zero, l'espace béant avait fait place à deux nouvelles tours dont l'une d'entre elles était très jolie. Il y avait comme une rangée de lumière sur l'une de ses faces. Le building n'était pas finis et devait s'ajouter à d'autres dont la construction débutait, mais nous imaginions déjà l'ampleur du projet une fois finis.

 

 

Il y avait aussi un camion de pompiers et une sculpture dans le mur, en hommage aux héros du feu qui avaient péris pendant la tragédie.

 

 

 

 

 

Devant cette sculpture se trouvait là un type. Un homme de couleur, avec une photo autour du cou. Il portait dans ses mains, un porte documents et racontait l'histoire de son fils périt dans l'accident tout en tournant les pages de son livret. Nous nous sommes arrêtés un peu pour l'écouter. J'avais du mal à saisir toutes les informations, mais le type racontait ce qu'il s'était passé le 11 septembre, en y mettant toutes ses tripes. On sentait l'émotion le submerger lorsqu'il racontait son histoire. Il suffisait de contempler son visage pour voir et ressentir les sentiments qui l'assaillaient. Sur les images qui défilaient, nous pouvions voir plusieurs photographies de l'accident. L'avion prit dans les tours juste avant l'effondrement, la photo de son fils en jeune diplômé, les images du Ground zero ensuite. Ce type était incroyable, il vivait son histoire et l'expliquait tout en communiquant ses émotions à son auditoire. En l'occurrence, le destinataire de son message était un petit garçon d'environ 8 ans qui le regardait fasciné, raconter cette vision d'horreur. L'homme se mettait à la porté de l'enfant, faisant sans doute un parallèle avec l'enfant qu'il avait lui même perdu dans la tragédie. Il se recroquevillait pour se mettre à sa hauteur tout en pointant du doigt les photos. J'étais terrorisé par ce qu'il avait vécu et continuait à revivre visiblement encore aujourd'hui avec la même intensité. Cela semblait tellement irréel, ce monsieur devait avoir maintenant plus de soixante cinq ans, il paraissait un vieillard. La tragédie avait marqué son visage, avait transformé sa vie. Il se portait maintenant témoin de la mémoire de son fils perdu et ne vivait que pour raconter son histoire, afin que personne ne l'oublie. J'étais bouleversée. Nous avions l'impression d'avoir fait un saut dans le passé.

Le monsieur, semblait accuser la ville maintenant, de se faire de l'argent sur le dos de la catastrophe en ne garantissant l'accès au mémorial qu'aux touristes qui payaient l'entrée. Je comprenais son choc, si au moins l'argent aidait à lutter contre le terrorisme...Mais allez savoir ce qu'ils en faisaient ?

 

Nous avons contemplé les constructions par la fenêtre d'une galerie, puis nous nous sommes promenées le long de l'esplanade qui menait au ferry. La balade était très agréable, le ciel était tout bleu, il faisait un petit peu froid mais le soleil nous réchauffait de ses rayons.

 

Devant le ferry, il y avait un attroupement de personnes en cercle qui entourait un groupe de jeunes danseurs de  Hip-Hop. Le show était très bien fait, les danseurs étaient plus comiques qu'autre chose. Tout laissait à penser qu'il allait se produire un évènement extraordinaire. Qu'ils allaient nous montrer une chorégraphie ou un saut splendide. Aussi chaque fois que l'un de ces types approchait avec sa timbale, nous lui mettions quelques dollars. D'ailleurs, ceux qui ne donnaient pas d'argent se faisaient ridiculiser en public. Un membre de leur famille était prit en otage, pour un numéro très spécial durant lequel l'un des danseurs sauterait pardessus ces mêmes personnes, risquant de les blesser ou de les handicaper à vie... Et le "présentateur" demandait alors au radin, à combien il estimait la vie de son amie et était prié, question de vie ou de mort, d'allonger la somme correspondante. C'était assez drôle, bien qu'il y ai quelques longueurs, la foule participait et lorsque le saut est arrivé, nous avons compris que le numéro n'avait en réalité rien de très intéressant et que nous venions de nous faire racketter de la façon la plus organiser qu'il soit. D'ailleurs, le temps avait bien été minuté afin que la fin du numéro corresponde au moment même ou les voyageurs du ferry précédent accostaient, venant ainsi remplacer la foule.

 

C'est ainsi que les poches moins remplies, mais l'esprit toujours aussi amusé, nous avons finalement embarqués à bord du ferry pour apercevoir de loin, certes, mais apercevoir tout de même la statue de la Liberté.

 

Les couleurs étaient magnifiques, dommage que le zoom n'était pas à la hauteur du spectacle.

 

 

Après le ferry, nous avons marché vers Wall Street, avons fait quelques photos du fameux taureau et avons marché aussi rapidement que nous le pouvions pour remonter les rues qui se succédaient les unes aux autres.

Après une rapide dispute, sur le choix du restaurant, nous sommes finalement "tombés" sur un restaurant indien délicieux. Tout était merveilleusement bon et le cadre était apaisant. Nous nous réchauffions enfin et mangions à nos faims.

 

En sortant du restaurant en revanche, la température avait, me semble-t'il, chuté de plusieurs degrés. C'était la première fois que je ressentais un froid si pénétrant. Nous n'avions pas eu de telles températures de toutes le vacances. J'ai grelotté, je ne savais plus comment faire pour me réchauffer.

Nous avons alors eu l'idée de prendre un taxi, parcequ'à New York, parait'il, si l'on ne prend pas l'un des fameux taxis jaunes, c'est comme si nous passions par Paris sans aller voir la Tour Eiffel.

Reste à savoir encore, comment les arrêter...

 

Nous étions le long d'une rue, dans le sens dans lequel nous voulions partir et gesticulions pour que les taxis s'arrêtent. Franchement, nous avons tout fait ! Nous avons levé les bras, nous avons sauté à pieds joins, avons fait de grands signes, rien à faire. Personne ne s'arrêtait. Les taxis étaient soit pleins, soit ils ne nous apercevaient pas. Je ne sais pas, mais plus le temps passait, plus je grelottait, je n'arrivait même plus à parler. C'est alors qu'Ylann, sous le regard amusé des passants, s'est mis à siffler de façon  très stridente, un sifflement très fort, plusieurs fois de suite. J'étais explosée de rire car malgré ses sifflements, personne ne daignait s'arrêter. Je rigolais tellement que des larmes me venaient aux yeux. C'était maintenant, Ylann et David qui sifflaient ensembles, bien que le sifflement de David soit à peine audible. Visiblement, il était plus facile d'arrêter un taxi à Paris que dans une ville comme New York, dans laquelle les taxis étaient pourtant légion. Les sifflements étaient intenses, de plus en plus forts, de quoi vous crever un tympan. Ylann criait, sautait, je riais de la situation dans laquelle nous nous trouvions. Je crois que c'est le moment le plus drôle de toutes les vacances que nous avions passé ensembles. Il faisait froid, mais nous riions et rien à faire, personne ne s'arrêtait jusqu'à...

 

Jusqu'à ce qu'une voiture non banalisée, nous propose ses services... Devant tant de désespoir, le chauffeur nous proposait de monter dans sa voiture. Mais comment lui expliquer? C'est le taxi jaune que nous voulions, ce n'est pas la voiture de Monsieur TOUTLEMONDE, non non, c'était notre caprice de touristes; le taxi jaune, comme dans les films! Nous avons refusé poliment son offre et pour nous réchauffer un peu, nous avons remonté la rue en courant. L'effet a été immédiat, j'ai de suite repris des couleurs, je me sentais mieux et le reste du trajet s'est fait moins péniblement.

 

C'était une journée pleine d'émotions que nous venions de vivre, mais maintenant, nous rêvions de nous réchauffer dans la chambre d'hôtel, de prendre une bonne douche chaude et de nous détendre un peu devant la télé.

 

Tag(s) : #Voyages

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