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Voyager en car peut paraître le moyen de transport le plus économique et le plus pratique mais il y a beaucoup d'inconvénients...

 

En effet, nous avions choisi la société de transport  Greyhound qui propose des trajets Montréal-NYC au prix compétitif de de 140$ par personne (pour un aller-retour).

 

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L'avantage, d'un voyage en car, hormis le prix attractif, c'est que nous n'avions pas l'obligation de rouler de jours et de perdre ainsi une journée de vacances.

Le car que nous avions pris partait à  23h et arrivait vers 6 du matin en ville.

 

Mais malheureusement ce soir là, nous étions séparés David, Ylann et moi car le car était bondé de monde.

 

J'ai pris place à côté d'une française, un peu baroudeuse et je pensais que la nuit allait se dérouler sans encombre.

 

Nous avons discuté un peu elle et moi et le car lorsqu'il a démarré, a éteint les lumières.

 

J'ai très vite pu constater grâce à mon superbe odorat, que j'étais assise juste à côté des toilettes.

 

Le nez emplis de désodorisant j'ai bien imaginé l'odeur qui se dégagerait en fin de trajet.

 

Derrière moi, il y avait un couple de français complètement émoustillé à l'idée de voguer vers NYC. Ils parlaient du trajet qu'ils effectueraient à leur arrivée et se tordaient de rire toute les deux minutes en évoquant les faits croustillants de leur périple.

 

La lumière s'est vite éteinte et j'ai essayé de dormir un peu. Mais déjà les vas et viens des passagers aux toilettes commençaient à me déranger.

 

Au bout de 1h30 - 2h de route, le car a rallumé violemment les lumières. Il s'est arrêté brutalement. Au micro il a annoncé qu'il n'était plus temps de dormir car nous arrivions à la frontière des États Unis.

Devant nous, il y avait un car à l'arrêt et sur la gauche nous pouvions voir le barrage, un peu comme un péage mais en mille fois plus sécurisé. Il y avait des caméras un peu partout. L'une d'elle enregistrait la plaque d'immatriculation, la seconde avait la vu sur le corps du véhicule et la dernière dirigée vers le parbrise conducteur.

Au dessud du barage la phrase magique: "United States of America"! Le tout, surplombé d'un grand drapeau des Etats Unis, la classe quoi!

 

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J'ai traduit le message du conducteur, à la fille assise à côté de moi. Elle était aussi à l'aise que moi en anglais, bien que j'arrivais pour cette fois à comprendre l'ensemble de ce que disait le conducteur. Du moins je devinais. Elle a du me prendre pour une pro.

 

 Il fallait donc, prendre ses affaires et descendre du car.

 

Imaginez la température extérieur, un froid qui réveille les morts. Alors que nous étions au chaud en train d'essayer de trouver le sommeil, nous étions réveillé brutalement et jetés dans le froid en pleine nuit.

 

Heureusement l'attente n'était pas longue, nous avons attendu à l'intérieur et sommes passés chacun avec un agent. Nous avions déjà passé la frontière aux chutes du Niagara donc l'attente n'était pas trop longue pour Ylann, David et moi. Nous sommes repartis très vite, nous mettre au chaud dans le car.

 

Quand, il fut temps de partir, nous étions bien reveillés pour le coup et nous n'avions plus du tout envie de dormir.

 

Qui plus est, j'avais froid à l'arrière du car et je n'arrivait pas du tout à trouver le sommeil.

 

Le car a repris sa route et là j'ai eu très peur, car le trajet m'a paru très long et que le chauffeur conduisait comme un malade. A l'arrière il y avait des vibrations énormes. La route était droite mais je sentais une accélération anormale.

J'ai passé ces heures à imaginer l'accident que nous aurions. Je voyais déjà l'avant du car détaché de l'arrière. Moi qui crierait en appelant David et mon frère dans l'accident. Un vrai cauchemar, je n'arrivais pas du tout à me détendre. Crispée à mon fauteuil je regrettais de ne pas avoir mis ma ceinture et il faisait trop noir pour que je trouve le loquet censé la bloquer.

 

Quand le car s'est arrêté une nouvelle fois. Cette fois-ci le chauffeur devait se reposer. Nous avons été conduit dans une grande salle d'attente dans laquelle d'autres personnes attendaient que leur car reparte. Nous avions tous des têtes de mort. Crevés, nous avions la bouche desséchée par la climatisation et nous attendions dans un semi-sommeil qu'il soit l'heure de repartir.

 

J'ai discuté un peu avec Ylann qui m'a dit, avoir lui aussi beaucoup de mal à s'endormir. Il avait discuté un peu avec son voisin qui avait travaillé au bureau de l'immigration québecoise.

 

Il a dit à Ylann, qu'il était New Yorkais il y a quelques années et qu'il avait quitté sa ville à cause de l'insécurité. Ce type était black, le genre de black très classe tout droit sortis d'un vieux film sur la ségrégation. En costard, avec un chapeau vissé sur la tête, c'est comme si qu'en le regardant, nous faisions un saut dans le passé. Encore quelques minutes et les couleurs s'éteindraient pour ne laisser filtrer que le noir et le blanc sur un air de jazz.

Il a dit à Ylann, qu'à l'époque où il a quitté New York, il habitait dans un quartier défavorisé dans lequel il fallait se promener les mains dans les poches pour laisser penser que l'on avait une arme.

 Il en a donc eu marre de tout ca et a immigré au Canada. Il a d'ailleurs donné une astuce à Ylann: il a dit que quoi qu'il arrive, si nous avions un entretien pour justifier notre demande de papiers, il fallait laisser entendre à la personne qui nous interrogerait, que nous étions prêt à faire n'importe quel métier pour réussir notre integration et notre immigration. Nous avons donc noté ces quelques phrases, bien qu'elles soient déjà le reflet de notre pensé.

 

Ylann m'a dit aussi, qu'il était inquiet comme moi, de la conduite de notre chauffeur. Il m'a dit avoir vu, le chauffeur lui même paniquer à un moment donné lorsqu'il avait dû tourner pour s'embarquer sur l'autoroute. Il avait selon lui, appuyé sur pleins de gros boutons pour réduire la vitesse du véhicule.

Le mot d'ordre était lancé, il fallait donc accroché notre ceinture pour le reste du voyage.

 

J'ai justifié ce geste à ma voisine en lui indiquant ce qu'il avait faillit nous arriver en 2006 quand au lieu de prendre un car, nous en avions pris un autre et que le car que nous avions manqué de prendre avait eu un accident sur la route. En effet, c'est dans le journal "20 minutes" de Montréal, que nous avions appris la triste nouvelle. Un pneu avait crevé, entraînant avec lui le car qui avait finis dans le fossé. Il y avait eu deux français tués dans l'accident. Peut être que ces deux là avaient pris la place que nous devions occupé... Nous ne le saurons jamais, mais il y avait de quoi avoir la frousse pour le coup.

 

Et ma voisine, allait donc cesser de dormir paisiblement pendant tout le trajet, sommeil que je lui enviait jusque là, avec une pointe de jalousie...

 

Après un énième arrêt, nous avons compris qu'il était inutile de tenter d'essayer de se reposer durant le trajet. C'était tout simplement impossible.

 

Et là comme par hasard et ceci, malgré les allers et venu aux toilettes, j'ai enfin réussit à dormir pendant au moins une heure et aupetit matin, le sommeil m'a reveillé.

 

En regardant autour de moi, nous avions tous des têtes de déterrés.

 

Nous étions enfin arrivés et une superbe journée s'annonçait sous le ciel bleu qui surplombait la ville de NYC.

 

L'aventure continuait...

Tag(s) : #Voyages

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